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Les populismes dans l’Union Européenne

Les derniers événements en ’Europe montre bien que les oppositions en politique ne se résument pas au socialisme contre le libéralisme, gauche contre droite, PS contre UMP… Petit résumé des partis populistes européens qui font du bruit.

Entre les élections en Grèce, les indépendantistes écossais et les mouvements anti-Islam en Allemagne, l’Europe montre bien que les oppositions en politique ne se résument pas au socialisme contre le libéralisme, gauche contre droite, PS contre UMP… Petit résumé des partis populistes européens qui font du bruit.

Comme en dissertation, on va commencer par définir les termes du sujet : le populisme est un type de discours politique centré sur les intérêts du peuple. Comme dans tous les partis, me direz-vous. Si, si, dites « Comme dans tous les partis ». Merci. Alors, vous avez raison de me dire « Comme dans tous les partis », mais seuls les partis populistes opposent les intérêts du peuple à ceux des élites. Il s’agit de mettre au premier plan le peuple, et non l’économie ou la place politique d’un pays. On commence avec un parti de nos voisins les angliches :

Ukip (prononcez « Youkipe ») est un important parti britannique : United Kingdom Independence Party (« Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni », pour ceux qui ont 6 de moyenne en Anglais). Dirigé par Nigel Farage, ce parti eurosceptique est né en 1993, en réaction au Traité de Maastricht (un traité constitutif de l’UE telle qu’on la connait actuellement). En termes de sympathisants, Ukip est le quatrième parti du pays et a recueilli 23% des voix aux élections locales de 2013, derrière les travaillistes, de gauche, et les conservateurs. Ukip base son programme sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne, l’arrêt total de l’immigration, et la baisse des impôts. Lors des dernières élections européennes, L’Ukip a refusé une alliance avec le FN de Marine le Pen, que Farage jugeait trop proche des idées économiques socialistes. En outre, l’Ukip souhaite donner plus de pouvoirs aux localités afin de débarrasser l’Etat d’une bureaucratie superflue, alors que Marine le Pen préconise un Etat centralisateur. Bien qu’il s’agisse aussi d’un parti populiste, l’Ukip est beaucoup plus libérale que le FN français, ce qui explique qu’aucun accord n’ait été trouvé.

Syriza (prononcez « Syriza ») est un parti politique grec né en 2004 et dont le nom signifie « Coalition de la Gauche Radicale ». Vous l’aurez compris, il s’agit d’un parti de gauche. Si on parle de lui en ce moment, c’est parce qu’il est sorti grand vainqueur des dernières élections législatives de ce début d’année et que son leader, Aléxis Tsipras (photo) est devenu le Premier Ministre du pays. Il s’est fait élire en surfant sur la vague de l’anti-austérité (austérité = hausse des impôts et baisse des dépenses publiques dans le but de réduire le déficit), et fait aujourd’hui tout pour renégocier à son avantage la dette du pays devant l’Union Européenne.

On enchaîne avec un autre parti eurosceptique et populiste : Jobbik est un parti Hongrois. Son nom, qui signifie « Le Meilleur » se veut aussi un acronyme de « Jobboldali Ifjúsági Közösség », ou « Le parti de la jeunesse de droite ». Ce qui est particulier dans l’opinion eurosceptique de ce parti, c’est qu’elle découle d’une volonté de créer une « Union eurasiatique », plus proche de la Russie et de la Turquie que de la France et l’Allemagne. Le président du parti n’hésite d’ailleurs pas à rappeler que le peuple turc et le peuple hongrois ont une importante histoire commune : bien que catholique, il considère même l’Islam comme le dernier bastion du traditionalisme et le dernier espoir de l’humanité. Etonnant pour le dirigeant d’un parti d’extrême-droite !

Pegida est un mouvement d’extrême-droite allemand fondé en Octobre dernier par Lutz Bachmann (vous savez, celui qui se déguise en Adolf Hitler !) et se présentent comme « patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident ». Ils appellent à protéger « l’identité allemande et la culture Judéo-Chrétienne de l’Ouest » et à une tolérance zéro envers les immigrés délinquants. Afin de couper court aux accusations de néo-nazisme qui leur tournent autour, ils ont créé un logo assez explicite :

Les symboles que vous voyez là sont une croix gammée nazie, un drapeau communiste, un logo de l’action antifasciste, et un drapeau de Daech, tous jetés à la poubelle. Tant qu’on est sur l’extrême-droite allemande, on peut vous parler du parti ouvertement néo-nazi qui a exclu récemment son icône, une star du X outre-Rhin, pour avoir tourné une vidéo avec… un noir. Très classe, l’extrême-droite allemande.

Après ça, on a en Europe tout un panel de partis indépendantistes plus ou moins puissants. Je ne vous parle pas ici des partis indépendantistes bretons ou catalans (même s’il y en a) mais d’entités plus importantes comme la Ligue du nord (Lega Nord) en Italie ou la Nouvelle Alliance Flamande (N-VA) en Flandre. La Ligue du Nord base son argumentaire sur la « Roma Ladrona », « Rome voleuse ». La capitale est en effet accusée d’exploiter les richesses et la production du nord sans en produire autant. D’après un sondage en ligne cité par le Figaro, 89% des locaux seraient favorables à cette indépendance ! Si les indépendantistes Nord-italiens connaissent un certain succès, les nationalistes flamands ne sont pas en reste : avec un tiers des voix, le N-VA est le premier parti du pays ! Le succès de l’idée d’une Flandre indépendante s’explique par le clivage à la fois économique, politique et culturel que connaît le pays. Economique car la Belgique connaît le même problème de déséquilibre que l’Italie : la Flandre ne connait que peu de chômage, contrairement à la Wallonie. Un clivage politique aussi, puisque la Wallonie est plutôt orientée à gauche et la Flandre à droite. Enfin, il y a une séparation entre les deux parties culturellement, évidemment à cause de l’usage de langues différentes…

Je ne parlerai pas du FN, parti populiste qu’on connaît déjà assez bien. Même s’il serait intéressant de mentionner un mouvement qui a la particularité de souffrir d’une guerre intestine familiale, j’ai préféré me concentrer sur le reste de l’Union Européenne plutôt que sur le populisme à la française.

Nous avons donc vu que les partis populistes surfaient sur la vague du « Tous Pourris », se posant comme une alternative à une classe politique qui serait structurellement corrompue. Etant donné que ces partis n’ont que très peu exercé le pouvoir, on ne sait pas encore s’ils feront mieux que les partis plus « traditionnels ». Et on peine à y croire.

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