Quelques principes de philosophie

philosophie

Vulgairement, on dit de quelqu’un qui prend la vie du bon côté qu’il est philosophe. Tout au contraire, la philosophie est l’étude des problèmes de l’univers. Pour connaître le monde, les premiers philosophes ont été appelés à faire des distinctions. Ils constatèrent l’existence d’objets matériels, qu’on voyait et touchait et des réalités qu’on ne pouvait ni voir, ni mesurer ou toucher. Ils se trouvèrent en présence de la matière et de l’esprit. D’où la question fondamentale de la philosophie ; de la matière ou de l’esprit, quel est celui qui est antérieur à l’autre, quel est le terme le plus important ? Selon la réponse que l’on donne à cette question, on fait partie de l’un ou l’autre des deux grands mouvements philosophiques ; le matérialisme ou l’idéalisme.

L’IDEALISME PHILOSOPHIQUE

C’est une doctrine qui a pour base l’explication du monde par l’esprit. L’esprit crée la matière. L’idéalisme a trouvé son plein développement dans les religions en affirmant que Dieu, « esprit pur » était le créateur de la matière.

LE MATERIALISME PHILOSOPHIQUE

C’est une doctrine qui a pour base l’explication scientifique de l’univers. Le matérialisme est né de la lutte des sciences contre l’ignorance. Il progresse, évolue avec les sciences, il en dépend. C’est la matière qui crée l’esprit et non le contraire. La matière existe sans esprit mais il n’y a pas d’esprit sans matière. L’homme pense parce qu’il a un cerveau. La pensée est une fonction du cerveau.

HISTOIRE DU MATERIALISME

Un premier courant matérialiste naquit en Grèce, aux Vie et Ve siècle avant notre ère, lorsque les sciences commencent à se manifester avec les physiciens. L’un des philosophes les plus connus de cette époque est Héraclite que l’on surnomma plus tard le père de la dialectique ».

Jusque vers la fin du moyen âge, la philosophie fut dominée par les idées d’Aristote. Une répression sauvage sévissait contre ceux qui pensaient autrement (l’inquisition).

C’est le philosophe anglais Bacon (1561-1626), fondateur de la méthode expérimentale dans l’étude des sciences, qui mit fin à la scolastique d’Aristote et saint Thomas d’Aquin.

C’est à partir de Descartes (1596-1650) que naît en France un courant nettement matérialiste. Dans son « Discours de la méthode » Descartes affirme que tout le monde devant la science a les mêmes droits. Il désire une science véritable, basée sur l’étude de la nature.

Au XVIIIe siècle, le matérialisme fut défendu par des philosophes qui réunirent leurs travaux dans la grande « Encyclopédie », Diderot (1713-1784), D’Alembert (1717-1783).

Le matérialisme étant lié aux sciences, nous comprenons pourquoi au XVIIIe siècle, le matérialisme était avant tout mécaniste parce que, à cette époque, de toutes les sciences naturelles, seule la mécanique était arrivée à un certain achèvement. Un autre défaut de ce matérialisme, c’est qu’il était trop contemplatif. Le rôle de l’homme dans la société était partiellement ignoré. Le matérialisme du XVIIIe siècle concevait le monde et les choses à travers une vieille méthode de pensée : la « métaphysique ».

LA METAPHYSIQUE

Métaphysique vient du grec meta : au delà et de physique, science des phénomènes du monde. La métaphysique s’occupe de choses si¬tuées en dehors de la physique : la bonté, l’âme, le mal etc. Cette conception philosophique procède dans le raisonnement par opposition des contraires entre eux. Elle repose sur quatre caractères :

- Le principe d’identité. On étudie les choses au repos et non en mouvement. On considère l’univers comme s’il était figé, de même que pour la nature, la société, l’homme.

- L’isolement des choses. Un cheval est un cheval, une vache est une vache. Entre eux, il n’y a aucun rapport (théorie de l’ancienne zoologie). La science, la philosophie, la politique, trois disciplines sans rapport entre elles.

- Divisions éternelles et infranchissables. Les choses étant immobiles, classées, cataloguées, on est tenté de croire que ces divisions sont éternelles. La bourgeoisie nous enseigne par exemple qu’il y a toujours eu des riches et des pauvres et qu’il en sera toujours ainsi.

- Opposition des contraires. Deux choses contraires ne peuvent exister en même temps. La vie c’est la vie, la mort c’est la mort.

LA DIALECTIQUE

C’est avec le développement des sciences que, vers la fin du XVIIle siècle, les philosophes purent dépasser la métaphysique. Le grand philosophe allemand Hegel (1770-1831) constata le premier que dans l’univers tout est en changement, que rien n’est isolé, mais que tout dépend de tout. C’est ainsi qu’il créa la dialectique. Mais Hegel est idéaliste, il donne l’importance à l’esprit.

Un autre philosophe allemand, Feuerbach (1804-1872), influença considérablement Marx. D’abord hégélien, Feuerbach quitta l’idéalisme pour le matérialisme.

Marx prit la dialectique de Hegel, le matérialisme de Feuerbach, les améliora et élabora le matérialisme dialectique.

Hegel a raison de dire que la pensée et l’univers sont en perpétuel changement, mais il se trompe en affirmant que ce sont les changements dans les idées qui déterminent les changements dans les choses. Ce sont au contraire les choses qui nous donnent les idées, et les idées se modifient parce que les choses se modifient.

Pris dans son sens étymologique, le terme de dialectique signifie simplement l’art de discuter. Au point de vue philosophique, la dialectique est une méthode de pensée de grande précision.

Nous savons que la métaphysique considère le monde comme un ensemble de choses figées et qu’au contraire, si nous regardons la nature, nous voyons que tout bouge, tout change. On peut dire, pour définir d’une façon simple et donner une idée essentielle ; qui dit métaphysique dit immobilité et qui dit dialectique dit mouvement. Le mouvement et le changement qui existent dans tout ce qui nous entoure sont à la base de la dialectique. Du point de vue dialectique, tout change, rien ne reste là où il est, rien ne demeure ce qu’il est.

La dialectique est la science des lois générales du mouvement et du développement de la nature, de la société humaine et de la pensée.

La dialectique se compose de quatre lois :

1. Le mouvement.

Tout bouge, tout change, tout se transforme. Il n’y a rien de définitif, d’absolu, de sacré. Prenons l’exemple de la société qui nous intéresse particulièrement. Du point de vue métaphysique, on nous dira qu’il y a toujours eu des riches et des pauvres. On constatera qu’il y a des grandes banques, des usines. On nous donnera une description détaillée de la société capitaliste que l’on comparera avec les sociétés passées (féodales, esclavagistes) ou sociétés socialistes en cherchant les ressemblances ou les différences et on nous dira : La société capitaliste est ce qu’elle est.

Du point de vue dialectique, nous apprendrons que la société capitaliste n’a pas toujours été ce qu’elle est. Si nous constatons que dans le passé d’autres sociétés ont vécu un temps, ce sera pour en déduire que la société capitaliste, comme toutes les sociétés, n’est pas définitive, n’a pas de base intangible, mais qu’elle n’est au contraire, qu’une réalité provisoire, une transition entre le passé et l’avenir.

2. L’action réciproque.

La première loi de la dialectique nous montre que tout est en mouvement. Pourquoi ? Parce que tout influe sur tout, toute chose est le résultat d’un enchaînement de processus. Cet enchaînement s’opère par auto dynamisme. Prenons l’exemple de la pomme : elle vient de l’arbre. D’où vient l’arbre ? De la pomme, d’une pomme qui est tombée, qui a pourri en terre pour donner naissance à une pousse, les influences de l’air, du soleil etc. Ainsi, en partant de l’étude de la pomme, nous sommes conduits à l’examen du sol, en passant du processus de la pomme à celui de l’arbre, et ce processus s’enchaîne à son tour à celui du sol.

On pourrait penser qu’il ne s’agit pas là d’un processus, mais d’un cercle et cette apparence a d’ailleurs donné l’idée du retour éternel. Mais voyons exactement comment se pose le problème. Voici une pomme. En se décomposant, elle engendre un arbre ou des arbres. Chaque arbre ne donne pas une pomme mais des pommes. Et ce ne sont ni les mêmes arbres, ni les mêmes pommes. Nous ne revenons donc pas au même point de départ. Nous revenons à la pomme mais sur un autre plan. C’est un processus de développement que nous appellerons un développement historique. L’histoire montre que le temps ne passe pas sans laisser de trace. Le temps passe, mais ce ne sont pas les mêmes développements qui reviennent.

Le monde, la nature, la société constituent un développement qui est historique, un développement qu’en langage philosophique on appelle « en spirale ». Ils ont un développement historique provoqué par 1’autodynamisme. Rien n’étant définitivement achevé, la société capitaliste est la fin d’un processus auquel succédera la société socialiste, puis communiste et ainsi de suite. Il y a et il y aura continuellement un développement.

3. La contradiction.

La dialectique nous apprend que les choses ne sont pas éternelles : elles ont un commencement, une maturité, une fin. Pourquoi ? C’est là une vieille question qui a toujours passionné l’humanité. Pourquoi faut-il mourir ?

En examinant la vie et la mort, on voit qu’on ne peut pas les opposer l’une à l’autre puisque la science nous montre que la mort continue la vie, que la mort vient du vivant, que la mort est dans la vie et la vie dans la mort. A chaque instant, des milliers de cellules meurent en nous et sont remplacées par des cellules vivantes, et une fois mort, le corps se décompose, donc, il vit.

Partout les choses se transforment en leur contraire. Une chose n’est pas seulement elle-même, mais autre chose qui est son contraire, car chaque chose contient son contraire. Dans toutes choses, des forces luttent. Elles tendent vers l’affirmation et la négation, il y a contradiction. La dialectique constate le changement. Pourquoi les choses changent-elles ? Parce qu’elles ne sont pas d’accord avec elles-mêmes, parce qu’il y a lutte entre les forces, entre les antagonismes, parce qu’il y a contradiction. Les choses changent parce qu’elles contiennent en-elles mêmes la contradiction.

Nous voyons bien que dans l’oeuf il y a deux forces : celle qui tend à ce qu’il reste un oeuf et celle qui tend à ce qu’il devienne poussin. L’œuf est donc en désaccord avec lui-même. Le poussin provient de la « destruction » de l’oeuf. A son tour la poule sera l’affirmation de la « destruction » du poussin.

Prenons la société capitaliste. Il y a en elle des forces réelles qui se combattent : d’abord une force qui tend à s’affirmer, c’est la bourgeoisie. Puis une deuxième force sociale qui tend à la « destruction » de la classe bourgeoise, c’est le prolétariat. La contradiction est donc dans les faits, parce que la bourgeoisie ne peut exister sans créer son contraire, le prolétariat. Pour empêcher cela, il faudrait que la bourgeoisie renonce à être elle-même, ce qui serait absurde. Par conséquent, en s’affirmant elle crée sa propre négation.

Nous voyons donc que la contradiction est une grande loi de la dialectique. Que l’évolution est une lutte de forces antagonistes. Que non seulement les choses se transforment les unes dans les autres mais aussi que toute chose se transforme en son contraire. Il ne faut pas comprendre cette loi de la dialectique qu’est la contradiction, d’une façon mécanique. Il ne faut pas penser que, dans toute connaissance, il y a la vérité plus l’erreur, ou le vrai et le faux. Car nos connaissances sont en général très limitées, et cela peut nous mener dans des impasses. Ce qui compte c’est ce principe ; la dialectique et ses lois nous obligent à étudier les choses pour en découvrir l’évolution et les forces, les contraires déterminant cette évolution.

4. Transformation de la quantité en qualité.

Ou loi du progrès par bonds. Toute transformation est le résultat d’une, lutte de forces opposées. Gomment se fait cette transformation ? On peut penser que la, société se transforme petit à petit et que le résultat d’une série de ces petites transformations sera le passage de la société capitaliste en société socialiste. C’est la théorie que l’on appelle le réformisme.

L’histoire nous prouve le contraire. Dans toutes les sociétés les événements marquants que nous constatons sont des changements brusques, des révolutions.

Prenons l’argumentation scientifique. L’eau par exemple. De 0 à 99°, le changement est continu, quantitatif. A 100° nous avons un change¬ment brusque, qualitatif : l’eau devient vapeur.

LE MATERIALISME HISTORIQUE

C’est l’application de la dialectique à l’histoire des sociétés humaines. L’histoire est l’oeuvre des hommes qui agissent selon leurs volontés. La volonté est déterminée par les idées. Nous avons donc le processus suivant : idée-volonté-action.

Mais d’où viennent les idées ? Nous savons que les idées sont une fonction du cerveau. Le cerveau est donc une condition nécessaire pour penser. Le cerveau explique le fait matériel d’avoir des idées, mais n’explique pas qu’on ait ces idées là plutôt que d’autres. Tout ce qui fait agir les hommes doit nécessairement passer par leur cerveau, mais la forme que cela prend dans ce cerveau dépend beaucoup des circonstances.

Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur être ; c’est inversement, leur être social qui détermine leur conscience. Un être prolétarien pense en prolétaire et un être bourgeois pense en bourgeois. En principe, car en réalité, nous savons bien qu’il n’en est pas toujours ainsi et que beaucoup d’ouvriers n’ont pas la conscience de leur classe sociale. Par exemple, un prolétaire pense que pour supprimer l’injustice qu’il constate, le régime capitaliste est la bonne solution. Simplement parce qu’il raisonne mal, et que tout est mis en oeuvre pour donner au prolétaire une conscience fausse et développer en lui l’influence de l’idéologie dirigeante : son éducation son instruction, la presse, la radio, la TV.

Mais cette fausse conscience ne va pas transformer ce prolétaire en bourgeois ! Les idéalistes disent qu’un prolétaire ou un bourgeois sont l’un ou l’autre parce qu’ils pensent comme l’un ou l’autre. Nous voyons bien au contraire que s’ils pensent comme un prolétaire, ou un bourgeois, c’est parce qu’ils sont l’un ou l’autre, l’être social est déterminé par les conditions d’existence matérielles dans lesquelles vivent les hommes dans la société. Ce sont ces conditions d’existence matérielles qui forment les classes sociales. L’appartenance à une classe n’est pas toujours déterminée par la richesse. Un ouvrier peut gagner plus qu’un bourgeois ; il n’en est pas moins prolétaire parce qu’il dépend d’un patron et parce que sa vie n’est ni assurée, ni indépendante. Les conditions matérielles d’existence ne sont pas constituées seulement par l’argent gagné, mais par la fonction sociale.

Dans l’histoire, nous constations que chaque société était formée de deux classes ou plus. En étudiant la dialectique, nous avons vu qu’une société portait en elle une contradiction, c’est-à-dire, qu’il existait en elle des forces qui luttaient l’une contre l’autre parce qu’elles ne pouvaient co-exister. Ces forces, ce sont les classes sociales. Dans la société actuelle, il y a plusieurs classes sociales. Deux d’entre elles sont en lutte, bourgeoisie et prolétariat.

Ainsi, c’est la lutte des classes qui forme les forces motrices de l’histoire, c’est-à-dire qui explique l’histoire. Il est prouvé dans l’histoire moderne, que toutes les luttes politiques sont des luttes de classes et que toutes les luttes émancipatrices de classes tournent, en dernière analyse autour de l’émancipation économique.

Les forces motrices de l’histoire nous sont données par l’enchaînement suivant :

- l’histoire est l’oeuvre des hommes ; l’action, qui fait l’histoire, est déterminée par la volonté ; cette volonté est l’expression des idées des hommes -ces idées sont le reflet des conditions sociales dans lesquelles ils vivent- ce sont les conditions sociales qui déterminent les classes et leurs luttes.

- les classes elles-mêmes sont déterminées par les conditions économiques.

Il nous faut voir maintenant ce qui détermine les conditions économiques et les classes qu’elles créent. En étudiant l’évolution de la société, on constate tout d’abord que la division de la société en classes n’a pas toujours existé. Au premier stade de la société, la production était essentiellement commune. C’est le communisme primitif. Tous les hommes participent à la production. Les instruments de travail individuels sont propriété privée, mais ceux dont on se sert en commun appartiennent à la communauté. La division du travail n’existe à ce stade qu’entre les sexes. L’homme chasse, pêche, la femme prend soin de la maison. Il n’y a pas d’intérêts particuliers ou privés en jeu.

La première division du travail se produisit là où les hommes se trouvèrent en présence d’animaux qui se laissèrent d’abord domestiquer, puis élever. Ce fut la naissance de l’esclavage. L’accrois sèment de la production, dans toutes ses branches, élevage, agriculture, métiers domestiques, donna à l’homme la capacité de créer plus de produits qu’il n’en fallait pour son entretien. Il devint désirable d’englober des forces de travail nouvelles. La guerre les fournit : les prisonniers furent transformés en esclaves. Nous avons donc à ce moment deux classes dans la société : maîtres et esclaves. Puis intervint la deuxième grande division du travail : le métier se sépara de l’agriculture. A ce moment, 1’accroissement continuel de la production créa une troisième classe sociale, celle des marchands.

Cette classe de marchands prit une grande importance au moyen âge sous la société féodale avec seigneurs et serfs. A cette époque, n’existait encore que la petite production, qui avait pour condition première que le producteur fut propriétaire de ses instruments de travail. Dès le XVe siècle, la bourgeoisie commença à concentrer et à élargir ses moyens de production en créant d’abord la coopérative simple, puis la manufacture, pour arriver enfin à la grande industrie.

Nous voyons donc que parallèlement à l’évolution des classes (maîtres-esclaves, seigneurs-serfs, aristocratie-bourgeoisie) évoluent les conditions de production, de circulation, de distribution des richesses, c’est-à-dire les conditions économiques.

Cette évolution est provoquée à chaque stade par les contradictions économiques de la société. Dans le communisme primitif, c’est l’incapacité de satisfaire les besoins nouveaux dus à la poussée démographique qui provoqua les premières divisions du travail. Dans la société féodale, ce fut le frein mis au développement industriel qui amena les révolutions bourgeoises des XVIIIe et XIXe siècles.

IDEOLOGIES

Qui dit idéologie, dit avant tout idées. L’idéologie, c’est un ensemble d’idées qui forme un tout, une théorie, un système où même parfois simplement un état d’esprit.

Le marxisme est une idéologie qui forme un tout et qui offre une méthode de résolution de tous les problèmes. En étudiant le matérialisme historique, nous avons vu que l’histoire des sociétés s’explique par l’enchaînement suivant : les hommes font l’histoire par leur action, expression de leur volonté. Celle-ci est déterminée par les idées. Les idées proviennent du milieu social où se manifestent les classes, elles-mêmes déterminées par le facteur économique, c’est-à-dire en fin de compte, par 1s mode de production. Si nous examinons la structure de la société à la lumière du matérialisme historique, nous voyons qu’à la base se trouve la structure économique, puis au-dessus d’elle, la structure sociale, qui soutient la structure politique, et enfin la structure idéologique.

Nous voyons que pour les matérialistes, la structure idéologique est l’aboutissement, le sommet de l’édifice social, tandis que pour les idéalistes, la structure idéologique est à la base.

L’idéologie est le reflet des conditions d’existence, mais ce reflet n’est pas fatal, Nous avons vu pourquoi un ouvrier peut ne pas avoir une conscience de prolétaire. Par conséquent, le travail idéologique a, pour les marxistes, une extrême importance. Il ne faut pas toujours vouloir expliquer les idées seulement par l’économie et nier que les idées aient une action. Les idées s’expliquent, certes, en dernière analyse, par l’économie, mais elles ont aussi une action qui leur est propre, et nous constatons aussi une action réciproque des idéologies sur l’infrastructure.


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