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Une universitaire classe les entraîneurs

Tous les joueurs de la série Football Manager se sont un jour posé la question : qu’est-ce qu’un bon entraîneur ? Après plusieurs années d’étude du football anglais, une universitaire britannique donne des éléments de réponse. Quelques certitudes volent en éclats.

Suffit-il d’aligner les victoires pour être un bon entraîneur ? Et dans ce cas, suffit-il d’aligner les centaines de millions — jurisprudences Abramovitch et Al-Fahim — pour s’assurer des meilleures chances de réussite ? C’est ce que croyait de prime abord une universitaire britannique. Avant de mieux se pencher sur les clés du succès.

Du haut de sa chaire de stratégie marketing à l’école de commerce de Warwick en Angleterre, Sue Bridgewater, par ailleurs directrice d’un centre de management sportif, cherche à comprendre si le succès dans le sport est identique ou exorbitant à n’importe quel succès commercial. « Je me suis intéressée à la notion de succès et aux éléments qui le constituent vraiment », avoue-t-elle.

Retour sur capital employé

Cependant, plutôt que de se focaliser uniquement sur l’atteinte finale des objectifs, l’universitaire propose une autre grille de lecture. Celle qui met en regard les résultats avec les ressources dont dispose l’entraîneur pour accomplir sa mission. En somme, il s’agit d’évaluer le retour sur un euro de capital employé : une analyse classique en économie. « D’une certaine manière, le succès est affaire de points engrangés. Mais franchement, les classements de championnats ne reflètent pas pleinement la mesure du succès. Ça revient à comparer un proviseur d’un lycée de centre-ville avec le directeur d’une école privée hors-contrat. Le football est confronté aux mêmes problèmes de moyens dont dispose le club. » Limpide.

L’universitaire propose ainsi dans son livre Football Management plusieurs critères économiques avec lesquels l’on peut évaluer la capacité d’un (bon) entraîneur à tirer le meilleur parti des moyens mis à sa disposition. Parmi ceux-ci, Bridgewater s’intéresse particulièrement aux feuilles de paie, que l’auteur considère comme un bon moyen de mesurer la capacité d’un club à attirer les meilleurs joueurs.

Le livre, sorti juste avant la Coupe du Monde, donne un classement plutôt surprenant des entraîneurs anglais. Le duo de tête se compose de Tony Pulis, l’entraîneur de Stoke City, et de Steve McLaren, le désormais entraîneur de Wolfsburg. Une place curieuse pour McLaren quand on sait qu’il a envoyé l’équipe d’Angleterre dans le mur lors des qualif’ pour l’Euro 2008. Bridgewater monte alors au créneau : « Mais avant de devenir le sélectionneur de l’Angleterre, il avait à maintes reprises accompli des exploits inespérés avec Middlesbrough. Et depuis, il a mené le FC Twente au titre dans le championnat néerlandais. »

En étudiant l’exemple McLaren, mais aussi celui de Fabio Capello, son successeur malheureux à la tête des Three Lions, Bridgewater cherche également à percer une énigme encore irrésolue : pourquoi un sélectionneur a-t-il toujours des difficultés à reporter sa réussite en club sur l’équipe nationale ?

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